Les titres ne sont que des surnoms et tout surnom est un titre. ...

                                                                                             Les titres ne sont que des surnoms et tout surnom est un titre.                                                                                                                                                          ...








































































































Les titres des tableaux ne sont pas des explications, et les tableaux ne sont pas des illustrations des titres.












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# Posté le samedi 12 avril 2008 13:32

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 13:08

La nuit remue

La nuit remue





Tout à coup, le carreau dans la chambre paisible montre une tache.
L'édredon à ce moment a un cri, un cri et un sursaut ; ensuite le sang coule. Les draps s'humectent, tout se mouille.
L'armoire s'ouvre violemment ; un mort en sort et s'abat. Certes, cela n'est pas réjouissant.
Mais c'est un plaisir que de frapper une belette. Bien, ensuite il faut la clouer sur un piano.
Il le faut absolument. Après on s'en va. On peut aussi la clouer sur un vase. Mais c'est difficile. Le vase n'y résiste pas. C'est difficile. C'est dommage.
Un battant accable l'autre et ne le lâche plus.
La porte de l'armoire s'est refermée.
On s'enfuit alors, on est des milliers à s'enfuir. De tous les côtés, à la nage ; on était donc si nombreux !
Etoile de corps blancs, qui toujours rayonne, rayonne...


Sous le plafond bas de ma petite chambre, est ma nuit, gouffre profond.
Précipité constamment à des milliers de mètres de profondeur, avec un abîme plusieurs fois aussi immense sous moi, je me retiens avec la plus grande difficulté aux aspérités, fourbu, machinal, sans contrôle, hésitant entre le dégoût et l'opiniâtreté ; l'ascension-fourmi se poursuit avec une lenteur interminable. Les aspérités de plus en plus infimes, se lisent à peine sur la paroi perpendiculaire. Le gouffre, la nuit, la terreur s'unissent de plus en plus indissolublement.


















[ Henri Michaux ]

# Posté le lundi 14 avril 2008 06:28

Modifié le mercredi 20 août 2008 09:39

L'âme adore nager.

 L'âme adore nager.



[ Il y a une volupté au fond de ce qui lancine. ]















































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# Posté le samedi 19 avril 2008 05:58

Modifié le mercredi 20 août 2008 09:38

États d'âme.

États d'âme.








[ Je me perds moi-même dans ce que j'écris. Pour qu'il en soit autrement il me faudrait une disponibilité d'esprit totale. Or il n'en est rien. Non seulement je dois vivre et cette occupation, à elle seule, prend une grande partie de mon temps.
Mais vivre n'est pas tout.
















Avec ces " travaux " je me suis lancée dans une entreprise métastasique qui cherche à coloniser un tel espace de texte et de réseau qu'il m'est aujourd'hui impossible de savoir où en sont les événements et surtout le récit des événements que je vous rapporte. Ne soyez donc pas étonnés de ne pas le savoir non plus. Le texte s'auto-nourrit, se féconde, se propage en grande partie à mon corps défendant et je ne sais plus ce qu'il en advient. ]



























[ C'est dur le travail d'écriture, n'est-ce pas ? ;)
Les êtres de la même espèce se comprennent entre eux. ]

# Posté le lundi 21 avril 2008 09:09

Modifié le mercredi 20 août 2008 09:37

Rétrospective intérieure.

Rétrospective intérieure.






L'écriture, c'est comme ce que l'on vit : c'est spécial, un peu merveilleux, pas trop explicable, c'est juste beau.
Si j'ai compris un truc, c'est que des fois, il faut se contenter de savourer certains instants, certaines relations, juste pour leur beauté et leur fraîcheur, sans essayer de l'expliquer et de comprendre.
C'est ça avoir l'âme littéraire je pense.
C'est juste une certaine.. extériorisation. Tu laisses ce que tu ressens t'emporter et tu écris, comme si tu n'avais que cela, comme si tu allais bientôt mourir. T'analyses pas, tu te contentes de ressentir. Je trouve qu'il n'y a rien de plus beau que l'écriture.
Je m'en suis toujours sortie, et il n'y a que moi qui serait ( je dis bien " serait ", hein... ) à la rigueur susceptible de savoir que faire pour être du mieux possible en phase avec moi-même.
Je laisse derrière moi certaines envies... pour aller vers autre chose.






Liste du bonheur en vacances par Camille :

- lire à pas d'heure
- lire à pas d'heure
- bouffer H24
- matter plein de films, les pieds sur le siège d'en face ( en chaussettes, of course )
- passer des heures dans la salle de bain
- voir sa best
- faire coucou aux messieurs du chemin de fer
- rire quand on se fait klaxoner
- courir au parcours de santé à 09h00 du mat
- " s'insulter " de semelles compensées, talons aiguilles, papier sulfurisé et de pieds plats
- rouge à lèvres piment et top Morgan
- balade en ville
- écrire
- écrire
- craquer
- craquer
- craquer.




Selon Bernard Werber, L'encyclopédie du savoir relatif et absolu, la vie est un empilement de lasagne. En fait, c'est un plat de pattes que l'on construit tout du long de sa vie. On empile des couches de lasagnes afin d'obtenir un plat assez conséquent, capable de nous tenir au ventre au moment où on quitte la terre. Belle métaphore, hein.
Une amitié se construit par couches de pattes, des petites et des grandes. Le plat a une couche de base, ensuite constitué avec différentes sous-couches de différentes tailles. Un moment les couches peuvent se superposées ou ne plus continuer, mais au bout d'un moment la pille grandit encore, et encore.
Je pense que nous avons cette faculté tout les deux, celle de cultiver sur une terre ayant connue la guerre. C'est beau. Ça ne s'explique pas. C'est juste à vivre.






















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# Posté le dimanche 04 mai 2008 11:48

Modifié le mercredi 12 août 2009 09:44

Guillaume Vigneault.

 Guillaume Vigneault.





Chercher le vent.....


[
Certains passages étaient magnifiques par rapport à la qualité d'écriture.. d'autres moins subtils. J'ai une relation particulière avec les livres. J'aime m'installer en position debout devant le rayon, scruter les tranches, les couleurs et les formes qui parviennent à mes pupilles, et d'attendre qu'ils me parlent. Certains me laissent de marbre, certains m'appellent à eux. C'est un tout assez complexe et plutôt inexplicable, cela doit être assez comique de me regarder pendant ces moments d'absence
très exaltants.. Et lorsqu'un d'eux décident de m'attirer à lui, une sorte de halo laiteux se forme à l'intérieur de l'éclat de mon oeil, comme s'il m'enivrait d'un parfum et d'une rarissime clarté. Portant atteinte à mes sens olfactifs, je décide de glisser ma main parmi les couvertures et d'en retirer l'objet tant convoité par mon regard persan les rayons. J'ai le livre entre les mains, je sens la couverture effleurer ma peau et ressens quelque chose de fort, de plutôt sacré. Il m'honore de sa présence et me fait miroiter un contenu renfermant peut être la clef de quelque chose d'inattendu, d'extraordinaire. Je vois les livres comme des amis, qui te délectent leur savoir et ce qu'ils renferment, doucement, plutôt intimement. Ils n'ont que leur contenu pour te séduire, pour rester intacte dans ta mémoire et influencer certains aspects de ta vie. Parfois ils te font avancer. J'aime apprendre des mots et de l'enseignement qu'ils te livrent aussi gracieusement, paisiblement, sans le moindre effort. Ils savent que tu en sera grandi, que tu affirmes le pouvoir qu'on les mots tout du long de ton existence. Ils perçoivent l'appartenance que tu dois avoir à leur rang, ils comprennent que leur contenu parfois te hante, souvent te travaille de jour comme de nuit, que tu ne comprends pas, où ne veux pas comprendre, que tu es quelque part lié à leur source de savoir et des bienfaits qu'ils t'apportent. Ils sont précieux, une force de la nature créée par l'homme, quelque chose d'assez surprenant et à la fois si réel.
Celui là m'avait appelé à lui. Il m'avait fait part de son envie de m'aider à me laisser porter au loin, de laisser la brise du vent caresser mes cheveux, de m'aider à comprendre ce qui se profile dans la tête d'un trentenaire, de m'emporter là où l'horizon éclaire la pénombre, de dévoiler l'instinct indélicat qu'une âme humaine connaît un jour volontairement ou pas, de m'apporter un semblant de réponse par rapport aux pensées si complexes de cet homme si surprenant. Le vent m'a porté, m'a emporté. Ce n'était plus une douce onde qui me laisser glisser le long d'un courant. Le vent décidait de me guider, et il l'a fait. Jack se laisse planer, s'enivre du vent, des plaisirs de la vie. Quand j'ai commencé à parcourir les pages avec un frisson de bonheur, j'ai trouvé le narrateur très.. attirant, sans doute parce qu'il me faisait penser à toi.
J'aime aussi me laisser porter. Mais la réflexion est plus forte que tout. J'ai souvent besoin de me rassurer en essayant d'obtenir des choses de forme fixe, figées et présentes. Cela me rassure dans le tournant que peuvent prendre les évènements. J'aime espérer pouvoir un jour trouver le chemin qui me correspond le mieux, avec les personnes avec lesquelles j'aime vivre et évoluer en leur présence, avec des choses auxquelles je crois et pour lesquelles j'aspire également à vivre. Se demander si l'on est promise à bel et brillant avenir, voilà une question qui n'a pas fini de m'assaillir durant mes heures de sommeil. Me voir dans les bras d'un homme en jogging et pantoufles me fait me sentir plus forte, avec une possibilité à réaliser de grandes choses, avec l'heureuse délicate sensation d'être libérée d'un fardeau, d'avoir absolument la seule unique chose qui me comblerait entièrement. Quelque chose qui me donne l'envie de combattre afin de trouver une place me permettant d'accéder au bonheur. La réussite n'est pas la plus importante en elle-même. Lorsque l'on se retrouvera poussières, les biens matériaux acquis ne nous accompagneront guères. La seule chose et l'unique qui persistera sera ce que l'on a accompli durant la courte durée où nous avons vécu parmi nos pairs. L'image, la trace dans le sable et la caresse sur l'onde que nous avons déposé alors que nous dormions, l'épiderme en alerte par l'herbe rugueuse et douce. J'aime me dire que quelque chose de beau m'arrivera. Quand ? Où ? Je n'ai pas la réponse. Et je me dis quelque fois que cette chose si merveilleuse est peut être déjà en train de se produire, sous mes yeux, alors que je ne la vois pas encore. Qui sait ce que la vie nous réserve, hein. Nuna non plus ne savait comment appréhender la vie. Elle a pourtant réussi par delà d'innombrables chemins tous plus étranges les uns que les autres à trouver sa place et son bonheur. Je n'aime pas forcément non plus les " happy end ", surtout dans les films. Je suis plutôt adepte d'une fin où les 3/4 des personnages finissent ravagés par d'innombrable questions sans réponses. Peut être parce que je suis, comme toi, encore loin des réponses que j'attends.

N'oublions point que l'âme adore nager ( Henri Michaux ). Alors laissons là profiter de l'onde clair à la source, les cheveux et le vent en poupe, profitant des derniers rayons de la lune luisant sur le clapotis de l'incroyable sonorité des vagues...
Mon âme ( référence appréciée particulièrement au temps de la poésie baroque... ) , pour sa part, aime à se noyer dans le courant de tes yeux, à nager par delà les différents types de courants, les mers chaudes, les océans, les ruisseaux et les fleuves, s'y noyer puis en renaître, perdre pied et boire la tasse tellement les étincelles crépitantes jaillissants des braises encore chaudes y dansent à leur intérieur, autant que peut nager une âme prisonnière de ses pensées, nageant afin de trouver un banc de sable lui permettant de se reposer par delà l'iris luisant de chaleur. Âme aimant par dessus tout sauter sur la pointe de ses virgules afin d'atteindre la lune... Une gymnastique constante, un rituel gracieux plus que merveilleux, souvent se révélant être à l'origine d'une envie de grimper à la cime d'un chêne et d'entendre l'écho de sa propre voix, de se laisser porter par le feuillage et atteindre le sol non sans douceur mais avec une violence douce et âpre qui nous laisse songeur..

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# Posté le dimanche 04 mai 2008 11:53

Modifié le vendredi 08 mai 2009 15:06